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Analyse de viabilité du système

Cette page se propose de présenter une analyse de viabilité des systèmes planétaires actuels avec le Le Viable System Model (VSM) face aux Les 9 principales menaces pesant sur l’humanité. Cela permettra aux animateurs d'avoir en tête une bonne articulation des causes et conséquences de la situation critique dans laquelle l'humanité se trouve, du fait de la non-prise en compte des relations systémiques entre tous les domaines des sociétés humaines.

Comme dit par ailleurs, il est possible de construire différents narratifs de la situation actuelle, et tous auront leur part de vérité, dépendant du point de vue pris par celui qui raconte l'histoire (c'est le propre d'une vision telle que présentée dans Introduction à la systémique).

Une analyse de de viabilité à l'aide du VSM consiste à parcourir le modèle pour identifier quelles parties du système considéré correspondent, ou non (ce qui entrave la viabilité) au modèle.

Par viabilité, on entend la capacité du système à se perpétuer face aux variations raisonnables de son environnement (ce qui est hors de sa "frontière"). 

Rappelons ici le modèle :

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Identification des Sous-systèmes S1 à S5

  • S1 (systèmes opérationnels) : s'agissant de la base du modèle et des activités opérationnelles (qui correspondraient aux 12 domaines nécessaires à une culture humaine durable), ces éléments sont bien évidemment présents. Pas nécessairement organisés selon les 12 domaines du manuel ni organisés de manière hiérarchique ou récursive, mais ils sont présents dans nos sociétés, organisés dans les pays ou en lien avec d'autres nations s'agissant d'éléments liés à l'import/export par exemple
  • S2 (système de signalisation) : si des éléments peuvent être remontés au niveau d'une entreprise vers des instances représentatives de différentes profession, cela ne va généralement pas plus loin, et il n'est pas certain que des liens existent avec S3 concernant l'arbitrage de priorités par exemple. Si l'on considère un pays ou un périmètre plus limité comme une région ou un département, il peut y avoir quelques communications, mais somme toute limitées.
    En cas de crise grave, le lien de signalisation algédonique (non nommé sur le schéma ci-dessus) pour faire remonter les alertes peut exister vers les autorités de l'état (maire, préfet, conseil départemental ou régional) mais les moyens sont généralement limités sauf peut-être en ce qui concerne la sécurité physique (en cas de troubles à l'ordre public) et de santé humaine et animales (autorités de santé, suivi des épidémies, etc.)
  • S3 (système de coordination) : ce système assure la coordination des différents sous-systèmes S1 entre eux et l'arbitrage des moyens (limités). Là aussi, cette coordination est généralement très limitée et présente uniquement dans les cas de crise (sécurité et santé). La focalisation de ce système est dans "l'ici et maintenant" (contrairement à S4, cf. plus bas). Les gouvernements, par contre, gèrent cela au niveau national.
  • S3* (système d'audit) : il s'agit pour S3 d'aller auditer ponctuellement les sous-systèmes S1 pour s'assurer de leur bon fonctionnement par rapport à l'ensemble. On peut considérer que les audits en matière sanitaire rentrent dans ce cadre. Mais actuellement il n'y a que peu de moyens de surveillance inopinés réalisés par les systèmes S3 sur les S1 (hormis au sein des entreprises) car nos gouvernements démocratiques ne fonctionnent tout simplement pas de cette manière.
  • S4 (système d'anticipation) : il s'agit de la partie d'un système en charge de regarder l'extérieur du système global et d'anticiper l'avenir (contrairement à S3 ci-dessus). S4, sur la base de ses analyses réalisées dans le cadre fourni par S5, va donner des directives à S3 pour orienter sa coordination quotidienne afin que les sous-systèmes S1 puissent prendre en compte les prochaines évolutions de l'environnement, ou intègrent des parties de l'environnement du ressort de leur périmètre mais qu'ils ne géraient pas jusqu'à présent. Les gouvernements sont censés gérer cette relation avec l'international et l'avenir. Des organisations dans des domaines spécifiques peuvent s'y intéresser également.
  • S5 (ethos, esprit) : ce système gère la finalité, la raison d'être de l'ensemble. C'est lui qui va s'attacher à maintenir l'identité de l'ensemble et pour cela cadrer les échanges entre S4 et l'extérieur d'une part (pour éviter de faire rentrer dans le système des éléments qui seraient hors de sa finalité) et entre S4 et S3 d'autre part.

Identification des canaux de communication i à vi

  • canaux i et ii : ces canaux permettent aux sous-systèmes S1 de se coordonner entre eux. Dans le fonctionnement actuel de nos sociétés civiles, c'est rarement le cas entre domaines différents, donc ces canaux sont pour ainsi dire inexistants
  • canal iii : ce canal sert à l'échange et la coordination entre les différents sous-systèmes S1. Actuellement, hormis en ce qui concerne les relations clients fournisseurs, il n'existe que très peu de coordination entre des domaines différents.
  • canal iv : ce canal est extérieur au système global puisqu'il se situe entre les composants existants dans l'environnement (entre clients et compétiteurs sur l'illustration ci-dessus, qui s'attache plutôt à une entreprise)
  • canal v : ce canal synthétise les échanges entre sous-systèmes S1 pour limiter les éléments remontés à S3 en vue du pilotage de l'ensemble. Comme indiqué plus haut au sujet de S2, il n'y a quasiment pas, dans nos sociétés actuelles, de coordination à plus haut niveau entre les différents S1. Le canal n'existe donc tout simplement pas, hormis encore une fois en matière de sécurité et de santé, ou éventuellement dans certaines branches commerciales particulières, ou au sein d'un domaine particulier de la société, à l'échelle d'un pays (statistiques sur les transports, l'usage des services publics, etc.)
  • canal vi : ce canal est celui utilisé par S3* lors de ses audits ponctuels des sous-systèmes. Comme S3* est quasi inexistant, le canal vi n'existe donc pas non plus.

Conclusion de l'analyse de viabilité

Au final, à part une gestion nationale par les gouvernements en place (plus ou moins bien réalisée suivant les opinions politiques de chacun), on peut constater que lorsque l'on s'intéresse à chacun des domaines composant les sociétés humaines, la coordination entre les domaines (S3) est généralement absente, de même que l'analyse systémique en S4 de l'environnement et ses probables évolutions futures. On constate également un système S5 de raison d'être léger voire inexistant. La synchronisation S2 entre les systèmes ne s'effectue pas en l'absence de ligne directrice S5.

Au final, cette analyse rapide de sociétés humaines nous permet de constater qu'il manque plusieurs éléments systémiques nécessaires à la viabilité de l'ensemble, que l'on retrouve très logiquement dans la non anticipation des transitions forcées que ce manuel se propose d'adresser.

Ce manuel se propose donc de travailler à la construction de systèmes viables dans chacun des 12 domaines nécessaires à une culture humaine durable et d'interconnecter ces systèmes d'abord à un niveau local et communautaire, puis, plus tard, d'interconnecter plusieurs systèmes déjà viables entre eux (l'environnement au travers du climat, des ressources abiotiques, en eau, les systèmes de transports... assurant déjà une forme de connexion adhoc).